Textes itinérants

 

Ecrire au MOBE, Muséum d'Orléans pour la biodiversité et l'environnement

 

Vacances d’hiver 2017 : « En coulisses » – Lorsqu’un musée des sciences naturelles fait peau neuve, que se passe-t-il derrière ses portes closes ? Animés par cette curiosité, nous fûmes les témoins privilégiés de cette vie animale, minérale, aquatique…

 

 

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Premier réveil

Par mégarde, par hasard, par malveillance, par accident, pour des raisons professionnelles, scientifiques, d’enquête policière… vous êtes enfermés dans ce musée. Vous vous réveillez ce matin, un peu surpris d’être là…

Cerveau à reste du corps, reste du corps répondez ! Cerveau à reste du corps, reste du corps répondez ! Cerveau, ici les jambes, on est courbaturées. Ici les bras, on est endolori. Cerveau à bras, pouvez-vous réveiller la tête ? Faîtes lui ouvrir les yeux bon sang !

Je me réveille. Et je peux dire que ce genre de réveil, je m'en passerais bien. Pourquoi j'ai les bras et les jambes qui pendouillent ? Oh je vois, ce n'est pas mon matelas, ni même mon lit. Je crois que je me suis endormi dans un manège de fête foraine. J'ai la tête qui tourne et je chevauche une gazelle. Y a même un lion devant moi. C'est quoi cette attraction, le nouvel Indiana Jones de Disneyland ? Et pourquoi je suis tout seul ? Bon, comme ma gazelle refuse de bouger, je crois que je vais devoir chercher les réponses à pieds. Bonjour M. Hippopotame, pourriez vous me dire où j'étais hier soir entre 23h et maintenant ? C'est pour une enquête policière. Non je n'ai pas mon badge. D'accord je vais demander les caméras de surveillances aux paillons en bas. Pff des escaliers, avec mon équilibre actuel je ferais bien de me casser une jambe tout de suite ça me fera gagner du temps. Ah ? Bon bah le temps d'y penser m'y voilà rendu. Alors les papillons, les papillons … Mais pourquoi je chasse les papillons mi ?! Y a pas un panneau sortie de secours quelque part ? Tiens là bas dans le noir, il y a quelque chose qui brille ça doit être ça … Oups !Cerveau à reste du corps, cerveau à reste du corps répondez. Ici jambes, on a glissé chef. Ici bras, je crois qu'on a réussi à agripper quelque chose dans la chute, une momie je crois … Ici cerveau, je démissionne. 8 jours plus tard, je me réveillais à l'hôpital avec de multiples plâtres. Un journal posé sur la table de chevet avait comme une : »Suite à des raisons pour le moment obscures, le musée va fermer pour restaurer ses collections »…
Antoine G

 

Définitions : Chacun pioche au hasard un nom scientifique, en imagine une définition, passe à son voisin qui contredit et en donne une nouvelle. 3 fois.

  1. Macropus Rufus
    Nom masculin désignant une espèce toujours active, notamment dans les quartiers mal famés de Marseille.
    Le Macropus Rufus aime vivre en bordure de Méditerranée, mais s’adapte à tout autre climat.
    Il est plus connu aujourd’hui de macro(sic) ou proxénète

  2. Macropus Rufus
    Nom masculin désignant un candidat politique aux élections présidentielles.
    Il trempe dans les histoires qui puent, se parfume généreusement pour dissimuler les effluves de ses coups pourris.

    Sa mission est d’être élu avant qu’on ne puisse plus le sentir.

  3. Macropus Rufus
    Nom propre désignant une puce géante vampire qui a la particularité de s’accrocher aux jambes des humains pour ne plus les lâcher et les vider de leur sang.

    Sa première victime connue s’appelait Rufus.
    On l’appela donc Macropus Rufus.

 

Cartes d’identité des "empaillés" de la réserve. Ecriture collective sous forme de cadavre exquis.

NOM : ARR 232 H
SURNOM : Mouette rieuse
ADRESSE : Pamplume, 3 rue des escargots
SIGNE PARTICULIER : Ne dort jamais en même temps que ses camarades.
HAUTEUR : 77 cm
SITUATION DE FAMILLE : Célibataire, hélas !
PROFESSION : Chasseur ou glandeur à ses heures de pointe
REVE : Voler !

Nom : MU3.DK7
Surnom : le préféré des enfants
Adresse : Lac de l’oubli profond
Signe particulier : ne se déplace qu’à la pleine lune
Hauteur : 1,30 m sur ses 2 pattes arrière
Situation de famille : patriarche régnant sur sa grande lignée
Profession : taxidermiste à ses heures
Rêve : voler jusqu’à ne plus rien voir.

 

UNE NOUVELLE ESPECE VOIT LE JOUR….

LE SINGEOMME

Nouvelle espèce qui s’est développée à partir de 2007 avec l’apparition des Smartphones, c’est-à-dire les téléphones multifonctions intelligents. Jusqu’en 2007, l’Homme qui descend du signe a cherché à se redresser et à s’équilibrer sur ses deux pieds. D’ instinct, l’Homme a senti que s’il n’utilisait que ses membres inférieurs pour se tenir debout et se déplacer, il pourrait utiliser ses membres supérieurs pour faire autre chose. Puis, redressé sur ses deux membres inférieurs et posé sur  ses deux pieds, l’Homme a découvert qu’il pouvait redresser sa colonne puis sa tête. Cette verticalité lui permettait une meilleure utilisation de l’équipement sensoriel de sa tête, surtout des yeux. Il avait une vue  panoramique qu’il pouvait faire varier grâce à sa mobilité rotatoire cervicale. En 2007, l’Homme avait relevé le dos, la tête et trouvé l’équilibre. Il pouvait maintenant lever et baisser les bras à sa convenance. Fier de ces multiples inventions, l’Homme avait aussi développé le bombage de torse. C’est dans ce contexte qu’est apparu le Singeomme. Lorsque l’Homme est devenu connecté et doté des superpouvoirs de son Smartphone, l’intelligence a migré de l’Homme vers le Smartphone. Le petit appareil s’est substitué à l’Homme. Le Smartphone recevait les messages, réagissait, sonnait et vibrait. Il mémorisait. Il géolocalisait. L’Homme émerveillé par son nouvel outil en est devenu addict. En 2007, l’époque du Smartphone-Roi a commencé. L’Homme est alors devenu Singeomme. Le Singeomme se tient debout et se déplace, la tête baissée, le dos rond, comme le singe auparavant. Il a les yeux rivés sur son Smartphone qui réfléchit à sa place et lui dit où aller. Le Singeomme ne regarde plus l’environnement comme l’Homme a pu le faire, pour progresser dans son évolution. Le Singeomme suit les notifications de son Smartphone. Depuis 2016, on constate un redressement du Singeomme qui met maintenant son Smartphone sur une perche à selfie. Le Singeomme ne semble pas avoir perdu une des caractéristiques de l’Homme : se soucier de son image et de sa personne qu’il doit selfier de haut.
Odeline

 

Concours d'écriture "Quand l'écrit prend la parole" extraits de l'agenda 2017
Textes d'écrivants de 4 ESAT sur le thème Viva Cité

 

Je suis moi, un élément de la ville réveillée
Je savoure l'air froid venu d'ailleurs
Je devine les bruits de roues pressées
Je respire les parfums de piétons fatigués
je touche les tableaux des musées.
Erwan Bastard

 

Dans la ville il y a
une jeune femme qui pousse un chien endormi dans une voiture d'enfant,
un tram qui parle aux passants,
un jeune homme qui joue sur un tambour une musique d'Afrique.
Joëlle Guet

 

Sous l'arc en ciel, je cherche les lingots d'or
Sous la brume, je distingue le reflet de ta voix
Sous la neige, je poursuis les traces de tes pas
Sous l'orage, je recherche tes bras.
Laetitia Vigneau

Dans ma ville il y a…
Un théâtre où je ris, je pleure et j'applaudis
Des concerts de rock où je danse et je chante les bras levés,
Des matchs où je me lève, je crie et je frappe des mains.
Saïd Benaouda

 

Cher voisin du 1er étage, porte droite,
Nous ne nous connaissons pas encore.
En fait, je ne connais que le bruit du dimanche matin
à 11 h et le bruit si particulier d'une perceuse.
Mais que poses-tu sur ton mur chaque dimanche ?
Un cadre photo ? Un tableau ? Une étagère ?
Une bibliothèque ?
Et si tu venais ce dimanche à 11h boire un café ?
Bernadette, la voisine du palier.
Aurélie Durr

Dans ma ville il y a des manèges un peu biscornus
où vont les gens tordus
à la recherche du bonheur perdu.
Sabrina Trojnar

Je rêve de trottoirs multicolores
Je rêve de passants funambules
Je rêve d'enfants heureux sur des trottinettes
Je rêve de rencontres fascinantes
Je rêve de tango
Je rêve d'un bel argentin
Mais je ne suis qu'une rue déserte
Où même pas une aubergine ne passe.
Christine Kuzbyt

 

Premier prix "L!bre de mots" attribué à Fabrice Blondeau de l'ESAT de St Jean-de-Braye

Sous l'arc en ciel, je viens de garer ma moto près du Trocadéro à Paris ; après l'avoir solidement attachée, je me suis dirigé vers la terrasse d'un bistrot pour profiter du passage des gens.

Sous le clair de lune, je roule avec mes amis en direction du château de Chambord. Les bords de la route étant très sombres, on ne peut distinguer la belle forêt des alentours.

Sous la neige, les enfants dans la cour d'école se défoulent à la récréation. Tour à tour ils se fabriquent des boules de neige, puis ils se bombardent avec beaucoup de vigueur et de force.
Fabrice Blondeau

 

 

 

 

Ecrire au Musée des Beaux-Arts

Vacances de la Toussaint 2016 : « Un nouveau regard » – Le deuxième étage du musée des Beaux-Arts d'Orléans a vécu une réelle mue rendant plus visible encore la richesse de ses œuvres. Inaugurée en septembre 2016, l’exposition « Le Grand Siècle retrouvé » fut notre fil conducteur….

 

« Vous êtes ici » 

Avant même de pénétrer dans les salles, sur le palier, les mots de présentation plaqués au mur, les instructions d’évacuation, inspirent. Chacun choisit un mot : Collection, acquisition, passion, vitalité, guerre, Eudoxe.
Consigne : Installez-vous dans la première pièce verte pour écrire un texte commençant par « vous êtes ici » en incluant tous les mots proposés
.

 

Vous êtes ici, au deuxième étage, loin du plan d ‘évacuation 112.007 que vous avez omis de mémoriser.
Vous êtes propulsés à pas feutrés dans une collection musclée, ronde et cadrée.
Vous êtes éblouis par la vitalité d’un Vulcain en action, happés par la guerre que Saint Georges livre au dragon.
Vos yeux pétillent de gourmandise et de goinfrerie à la pensée de quelque passion larvée sous d’amples tissus.
Vous avez une pensée émue pour votre grand-oncle Eudoxe qui n’aurait pas dédaigné de telles acquisitions.
ANNE

 

  • Vous êtes ici. Dans l’obscurité reposante d’un lieu dont le parquet vous donnera peut-être l’envie, si c’était permis bien sûr, d’enlever vos chaussures pour y glisser en chaussettes d’un tableau à l’autre. Ou d’y claquer les talons et d’esquisser des gestes et des pas gracieux mais survoltés, à la façon des meilleures danseuses de flamenco, celles qui se laissent traverser par le duende.Vous êtes ici dans un lieu où l’art vous dévoile sa vitalité en toute nudité, cette dernière étant permise, voire même encouragée, qui sait…Vous êtes ici dans un lieu où la passion règne, mais où la guerre perd de son ampleur et de sa clameur. Dans un lieu où l’on se prend à rêver que la guerre puisse être enfermée et contenue dans un tableau, enchaînée entre les quatre coins d’un cadre dont elle ne pourrait jamais s’évader.Dans un lieu où mon ami Eudoxe m’a dit, un jour lointain de janvier : « La culture ne peut se limiter ni à l’acquisition, ni à la collection ; elle doit toujours s’accompagner de curiosité et d’une volonté de questionner ce que nous paraît être la Beauté. 
    Christelle

 

Vous êtes ici, spectatrice devant des toiles. Vous voyez des corps mouvants, des corps offerts sous l’effort, des portraits figés dans du noir. Vous voyez du rouge autour des femmes. La guerre est proche derrière les flammes.

Puis, Eudoxe est là. Il entend l’injonction secrète de sa présence. Il voudrait bien vous laisser tranquille mais ses pieds  glissent sur  le parquet ciré. Dans sa poche, il palpe  les plus beaux spécimens de sa collection de billes. Dépité, il ne sait pas, pourquoi il est ici.

Sa belle vitalité doucement s’estompe. Les présences humaines collées au mur  broient toute volonté. Est-il là pour toujours ? Eudoxe se fige, il se sent aspiré par une femme au sein nu qui parle de lui à l’oreille de sa mère. C’est sûr, ici ça vit en vrai !

C’est la jeune femme en rose qui change l’ordre de son monde. Pendant quelques secondes, il pénètre le tableau et vit avec elle une passion dévorante. C’est humide sous ses bras. Eudoxe voudrait bien acquérir de nouveau sa liberté et rejoindre ses copains. Il regarde sa maitresse s’éloigner

Chantal

 

 

 

Le soliloque du moine franciscain
E
tude de tête de moine franciscain, Anonyme
Ce tableau est une énigme… seul le moine connait la réponse à sa présence ici, lui seul saurait dévoiler l’identité de son anonyme créateur…

Ce matin, j’ai été peint pendant ma prière.
A la cathédrale, l’école des Beaux-Arts tenait son atelier.
Les étudiants avaient pour consigne de dessiner la Vierge Marie tenant dans ses bras l’enfant Jésus.
Un étudiant est arrivé en retard et il n’a pas été autorisé à mettre son chevalet face à la Vierge Marie avec l’enfant Jésus.
Désœuvré, face à l’autel, il a tourné le dos à la lumière et s’est dirigé vers la porte latérale.
Il a posé son chevalet dans l’ombre sur le côté et il s’est mis à esquisser face à moi.
J’ai continué à prier. Je n’étais pas ici pour voir le monde mais pour prier pour l’humanité.
J’ai demandé à Dieu de pardonner le retard de ce jeune artiste au regard si perçant.
J’ai aussi demandé le pardon pour son professeur qui l’avait offensé et pour moi qui avait péché en regardant la scène.
Pendant que ce jeune artiste dessinait face à moi, j’ai senti une présence.
Une force était là au-dessus de moi, elle me donnait sa lumière et sa chaleur.
Je comprenais ce que voulait dire compassion.
J’avais changé de regard sur la vie et Dieu me semblait plus présent.
Dans la maison de Dieu, agenouillé face à Sainte Rita, ma cause me semblait moins désespérée.
Je sentais la présence de Dieu à mes côtés, le Dieu du pardon et de la miséricorde.
Un homme meilleur était né.
OG

 

L’Habit ne fait pas le moine !……
D’où viens-tu ? Où vas-tu ? quelle est cette posture ?
Le frère EUDOXE était moine à Saint-benoît-sur-Loire, là, il  jardinait, faisait ses  prières :les mâtines, les laudes, les vêpres, l’angélus ; j’en passe et des meilleures.
Frère Eudoxe parlait peu.
Pendant la seconde guerre mondiale, il y rencontra le poète Max Jacob avec lequel il eut de longues conversations intéressantes.
Pour se punir de ses  mauvaises pensées, il se flagellait ; il voulait absolument sortir de ce monastère
Un jour,  il eut le courage, il jeta sa soutane aux orties, et partit. Il baguenauda, musa à travers la campagne ; il parcourut certaines villes, il arriva en Belgique et rencontra Magritte, peintre célèbre qui le prit comme modèle

Quelle posture prendre ? Il remit son habit, des tas de discussions suivirent sur la position à prendre à savoir qu’il devait faire partie d’un grand tableau intitulé « Moines en folie »

Frère Eudoxe devait être calme pour l’équilibre du tableau. Donc il fut décider qu’il baisseraient la tête, la main gauche sur le cœur. Mais frère Eudoxe n’était pas d’accord. Pourquoi lui avoir fait un tel estomac, un tel ventre. Le moine se fâcha mais le peintre finit son tableau. Tous les visiteurs prenaient le moine pour une femme. Aussi il fut décider de l’enlever du tableau. Le moine, sa soutane sous le bras, partit avec la monnaie du pape qu »il avait gagnée

Ce morceau de peinture partit avec lui. Où est-il maintenant ?

Dieu seul le sait et encore

Jacqueline

 

Bleus…
Dernière salle
Lecture préalable : Jean-Michel Maulpoix : Une histoire de bleu.
Le bleu, très présent dans ces tableaux, est votre fil conducteur, c’est lui qui vous emporte, c’est de votre plongée en lui que naîtra le texte…

 

 

 

  • Bleu tu es le ciel
    Bleu tu es lalumière
    Bleu tu es la mer
    Bleu par moment tu es la lumière, la joie de vivre, l’insouciance.
    Bleu tu peux être tout le contraire (la peine, la tristesse, les regrets)
    Bleu, la mer toi qui attire l’homme pour aller se baigner, il arrive à toi, commence à mettre les pieds dans ton eau bleue et en 3 secondes tu le prends et l’emmène à tout jamais.
    Bleu, tu es le bleu du ciel qui accueille l’âme de cet homme que la mer a pris.
    Bleu on te retrouve tapissant sa dernière demeure.
    Bleu tu fais appel à la couleur jaune du soleil pour achever tamission.
    Bleu tu resteras ma couleur préférée.
    Odile

 

Ecrire au musée
C'est
insolite, peu commun
C'est aussi en bonne compagnie où l'on ose
C'est encore plus bleu , plus rose mais en prose
C'est enfin une curieuse et éprouvante récréation !   

Claude

 

 

 

 

 

 

BANQUET DE MOTS

Sur le thème de la chanson française…

Pastichons "Le blues du business man" de Daniel Balavoine et "Aline" de Christophe.

J’ai du succès dans mes clairières
J’ai du succès dans mes amours
Je change souvent de désherbant
J’ai mon bureau en haut d’une motte
D’où je vois la campagne
D’où j’contrôle mon hamster
J’passe la moitié d’ma vie sous terre
Entre Chécy et Chartres
J’voyage toujours avec mon frère
J’ai ma résidence secondaire
Dans tous les abris d’jardin d’la terre
J’peux pas supporter les vipères
Au moins es-tu terreux ?
Chloé et Liam

Il avait laissé sur le sable
Son caleçon de bain qui le serrait
Puis tout à coup, sur cette plage,
Il y a des gens, qui sont venus.
Et j’ai crié, crié, Albert, pour qu’il revienne
Et j’ai hurlé, hurlé, oh ! j’imaginais la scène
Charlène

Commencer son texte par un titre de chanson française, le terminer par un autre titre.

La bonne du curé, elle est, elle est… elle est trop bonne. Je sais pas quoi dire d’autre, tellement elle est conforme à sa fonction. Elle est pas seulement belle, jolie, sexy… elle est bonne. Je me demande vraiment ce qu’elle fait chez un curé, franchement. Dommage qu’elle soit pas à la messe, ça me donnerait envie d’y aller. Mais non, il faut préparer la tambouille de son patron pour que ce soit prêt quand il rentre de l’église. Quand je la vois faire son marché, avec sa petite robe noire, toute modeste, les yeux baissés et malgré tout si… si… si bonne. Cette fille c’est un test de résistance à la tentation à elle toute seule. Je suis sûr que l’évêque l’envoie exprès pour tester les principes de ses curés. En fait, c’est une espionne du Vatican, un ange exterminateur envoyé pour régler leur compte aux brebis égarées. Qu’est-ce que je donnerais pour qu’elle m’égare. On en viendrait presque à entrer au séminaire. Mais cela vaut-il le coup ? ah, la bonne du curé, laisse-moi t’aimer…
Sophie

Introduire dans un texte le plus de titres de chansons françaises possible.

Laisse-moi t’aimer !
ça va pas non, j’préfère aller à la pêche aux moules !
Anne

La femme qui est dans mon lit n’a plus 20 ans depuis longtemps, c’est son problème ; le mien à cet instant c’est pourvu qu’elle ne casse pas mon beau sommier tout neuf acheté samedi chez le roi du matelas. Quand je l’écoute me susurrer « Retiens la nuit » et « Que je t’aime », je ne vous dis pas la sensualité qui s’en dégage, elle me fait autant d’effet qu’un cataplasme sur une jambe de bois ! au secours, je fais un cauchemar c’est sûr. Puisque c’est comme ça je m’en vais me défouler chez Laurette en dansant la danse des canards. Yalla !Dominique

Retiens la nuit où nous nous sommes aimés la dernière fois. Notre lit est devenu le plat pays… oubliée, la Syracuse de nos premières amours. Nous ne chanterons plus main dans la main La ballade des gens heureux. Notre histoire était devenue une prison : ouvrons les portes du pénitencier. Tu ne seras plus la femme qui est dans mon lit.
Marie

Retiens la nuit, parce que le jour, j’ai pas que ça à faire. Faut que je bosse moi. Et le soir, c’est les copains d’abord.
Anne

ECRIRE AU CHATEAU
A MEUNG SUR LOIRE

 

 

Inventer le quatrain oublié de François Villon

"Où sont les vieux dragons de François Villon
Enfermés à jamais dans les machicouliers
Quand les Anges Vengeurs gardent le donjon
Et que plane le faucon aux ailes déployées"
Machicouliers n'existe pas ;c'est une contraction des mots "mâchicoulis"(ouverture dans le créneau d'un château), et "micocoulier", un arbre.
Sandie et Joëlle

Où sont les poésies de Villon,
Sont-elles égarées sous terre ?
Soulèveront-elles leurs vers,
Sans peur du qu’en dira-t’on ?
Claire et Zellie

Où sont passées nos vieilles poupées
Autrefois endormies dans les landaux
De colère Villon les a tailladées
de 113 coups de ciseaux.
Christine et Laure

 

 

A LA GALERIE DU LION

Le premier écrit un début de  phrase inspiré  d’une photo de pieuvre qui dépasse d'une bassine. Le second poursuit avec une photo de lionne sortant d’une cabane en bois.

A l'heure du bain, on est si bien…
mes sens m'ont conduit jusqu'à cet havre… plus loin que ce bord de mer qui m'avait rejeté… j'ai suivi mon instinct… la voie est libre… j'ai évité de justesse un face à face étrange avec une lionne trop propre pour être honnête… son odeur de savon contrastait avec ses crocs ruisselants de sang… A t'elle croisé le Loir qui cherchait la Loire ? Cherchait elle simplement une source vive ? c'est moi qui l'ai trouvée ! garder cela comme un trésor, m'étaler dans cette providentielle et accueillante bassine et oublier le sel… devenir lisse et soyeuse comme une main, glisser dans le bonheur comme une anguille, faire claquer mes ventouses contre la paroi comme on claque des doigts et battre la mesure. le temps, l'espace, le monde est à moi !
Rachel et …

 

 


ATELIER ITINERANT
E
TAM  LINGERIE

 

A deux. Ecrire une lettre de rupture à un dessous. "Poster" ce courrier. Le dessous répond.

Lettre de rupture

Déjà, j'aimais pas ta couleur, ni ta texture, ni ta forme. Enfin, j'aimais rien chez toi. J't'aimais pas, quoi ! Tout ça parce que tu m'avais fait de l'oeil dans la vitrine d'un magasin bien éclairé. Mais arrivée chez moi, ça m'allait plus du tout. Tu ne me mettais pas à mon avantage et ça, je ne te le pardonnerai jamais. Donc tu vas prendre la direction de la poubelle et sache que je ne regretterai ni tes papates slim, ni ton rose saumon cul-cul, ni tes mailles ajourées faussement élégantes. Adieu caleçon de malheur et ne reviens plus jamais !
Amélie la gazelle

Réponse du dessous
Chère Amélie,
J'accuse réception de ton courrier, et en même temps, j'accuse ta façon de procéder. Car, tout de même, quand je pense à chaque effort que j'ai dû concéder pour essayer, un tant soit peu, de te rendre un peu moins ridicule, je trouve ta façon de faire injuste et déconcertante.
Eh oui, ma pauvre Amélie, tu es mal foutue ! Ce n'est pas un tailleur qu'il te faut, c'est un architecte des Bâtiments de France. Tu pourras essayer tous les modèles de la Terre, tu n'en trouveras jamais un qui épousera tes formes si particulières. Et là-dessus, je te défie d'en trouver un qui pourra couvrir au moins un de tes deux seins. Quant à moi, dans la poubelle, peut-être arriverai-je à trouver et à couvrir de sa nudité une bouteille de Perrier. Emploi moins compliqué à accomplir que dans un miroir te voir sourire. Adieu Amélie, mais je t'en prie, oublie un peu la lingerie !

….

Lettre de rupture

Orléans, le 14 février
C'est le coeur fendu en mille éclats que je t'écris ma douce, ma belle, ma compagne. Ma douceur, ma lumière, mon élégance masquée. Mon amie, ma complice, ma seconde peau. C'est le coeur au bord du vertige et du gouffre que je t'envoie ces quelques mots après tant de moments de bonheurs espérés, de malheurs enfouis, de désirs brûlants et d'orgasmes inavoués dont toi seule fut témoin. C'est le coeur en mourance que ce soir, la nuit venue, je te délaisserai pour une autre, pour d'autres. Car décidément, tu es entrée en mode baillements, en mode gratouille, en mode effiloché. Il nous faut accepter que ton avenir est pour l'antre d'une poubelle. Adieu et merci pour tout, pour toi, pour moi, pour nous, ma douce, ma belle culotte.

Réponse du dessous

Orléans, le 14 février
Petites-fesses,
Je viens de lire ta lettre, celle que tu as laissée dans mon tiroir. Je pleure, je n'arrive pas à m'arrêter. Comment peux-tu me faire ça à moi ? Moi qui t'ai accompagnée toutes ces années. J'étais là dans les bons moments. Tu te souviens de cette soirée avec Paul ? J'ai fait mon effet. J'ai rendu chacune de tes petites fesses belle, attirante et rebondie. Certes, je vieillis. J'ai accepté de passer du rang de culotte de soirées à culotte de règles. Ça a été dur mais j'ai accepté. J'aurais tout fait pour toi. On aurait pu continuer à vivre ensemble jusqu'à la fin de nos jours et, au lieu de ça, tu me jettes. Je croyais que tu n'étais pas comme celles qui changent de culotte sans cesse, celles qui sont dans cette société de consommation… je suis démolie… tu m'as détruite !

….

 

ATELIER ITINERANT DU
 F
ESTIVAL DE LOIRE, AU JARDIN DE LA CHARPENTERIE

photo (2)

Evoquez les poissons en utilisant la structure de la chanson « Ces gens-là » de Jacques Brel

D’abord il y l’aînée
Qu’est toute « endentellée »,
Qui s’la pète BCBG,
Mais qu’est une grosse dégueulasse,

Et puis il y a l’autre
Qui s’est chopé Alzheimer,
Qu’est complètement timbré,
Tellement qu’il s’est collé des timbres partout,

Et puis, il y a les autres
Qui tentent de s’faire une place
En tenue de camouflage pollution
Et qu’ont plus d’allure qu’une poubelle.

Faut vous dire Monsieur
Que chez ces poissons-là
On n’vit pas, Monsieur,
On s’expose, Monsieur.

 ANNE T/P
 

FIB : structure poétique inspirée de la suite mathématique de Fibonacci (1/1/2/3/5/8/13/21…)

Hé !
Hé ! 
Hé ! Hé !
Quel effet
Mes très chers aimés !
Voyez comme on rit bien ! Olé !
Voyez comme on s’amuse à gorge déployée,
Riez jusqu’à l’infini, toutes voiles déployées en cette belle journée !
ANNE T/P

Fib exaucée

Ô
Toi
Chanteur
De mes deux
Oreilles j'entends
Toutes tes déviances volaces
Cantadore, Cantadore, tu chantes mal, il est temps !
Ferme ton clapet, ton micro, laisse passer le serveur et paie nous l'apéro.
… et devinez quoi  ? Le chanteur s'arrêta de chanter et le serveur arriva !

 

 

Intégrez ces éléments dans votre texte : un festival imaginaire : le festival des chats errants – 10 italianismes – un bateau du festival, – une saison : l'été – un incipit : " et depuis, plus personne n'a de nouvelles"

Le 30 Août, 11h00, Température 35° à l’ombre.
Des chats errants venus du monde entier se pressent aux portes du « Festival des chats z’errants ». Ils se bousculent pour atteindre le Lancia, bateau de leurs rêves, qui les mènera au large pour une pêche miraculeuse qui saura combler leurs papilles gustatives ainsi que leurs estomacs de gourmands jamais rassasiés.

Mais, pour atteindre le Lancia à grande voile, il leur faut jouer du croc et de la griffe : les places sont chères. Des miaulements hystériques fusent, les poils volent en tout sens et des oreilles s’arrachent : « Al dente, tutti quanti ! Quel scénario de western spaghetti ! » s’écrie Piano – Solo – Concerto emporté par la foule excitée des matous en mal de femelles et des nymphomanes décoiffées en quête de gros durs musclés.
Dans un vol plané digne du rossignol le plus goûteux, Piano – Solo – Concerto atterrit dans une caisse pleine de brocolis puis rebondit pour finir miraculeusement planté sur le Lancia qui, déjà, lève l’ancre.
Sonné, Piano – Solo – Concerto ne revient à lui qu’une heure plus tard. Le soleil est à son zénith et brûle son poil rare d’aventurier. L’eau fraiche gagne ses poumons. Il n’entend plus que des miaulements de détresse.
Puis, plus rien.
Puis, le vide.
Puis, le plein.
Et depuis, plus personne n’a de nouvelles.

ANNE T/P

                                                                       

 

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A LA GARE 

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En groupe : lister des raisons pour lesquelles le train n'arrivera pas :
Outre les très banals grèves, accidents, changements d'horaires… divorce subit du conducteur, prise d'otage, enterrement de vie de jeune fille sur la voie, amas de pianos ou concert de violon sur les rails, abus de Mistral gagnants, chute de la lune, écrasement d'étoiles, phares défectueux, tournage d'un film avec Monica Belucci, présence de cavaliers, attaque d'indiens…

Chute de la Lune sur la voie ferrée.
C’en est terminé de mes chaussures jaunes et rouges.
C’en est fini de mes belles boucles longues et dorées.
C’est mon père qui serait content :
« Enfin, à vingt-sept ans, finis la chansonnette, les collections d’escargots, les tours de magie, te voilà devenu un homme, mon fils, un vrai ! »
Papa, c’est là que tu te trompes : c’est pas parce que je m’envoie en l’air à cause de la Lune qui s’écrabouille sur la voie ferrée que je vais devenir un homme, un vrai, comme tu aimes à le dire.
Je plane papa, je vole.
Je suis devenu la Lune, pleine de lumière blanche et lumineuse.
Il faut bien quelqu’un pour la remplacer sinon, tout va aller de travers et le monde ne tournera plus rond.
Papa, Lune je suis.
Rideau.
ANNE T/P

 

CARTE D’IDENTITE du mot "Billet"
POIDS : plume
ORIGINE : Ailleurs
NOM DES PARENTS : Billetdoux et Billetdur
AGE : sans
TAILLE : XS
SIGNE PARTICULIER : lifté
LOISIRS : Aime dormir au fond d’un sac, voie 2.
MOTS ASSOCIES
Bille, bille de bois, bibi, bile, douillet, bailler, partir, s’évader, papier, voler, argent, monnaie
MOTS CONTRAIRES
Roman, Pléiade, lourd, obèse, mastodonte
EXTRAIT D’UN ARTICLE DE JOURNAL
(…) Ce matin, une pluie de billets de train s’est abattue sur la gare d’Orléans, envahissant la voie 4. Une enquête est en cours. (…)
UNE CITATION
« Rien ne sert de billetiir, il faut billetarer à point voie 1. »
UN SOUVENIR
Dans une vieille boîte en fer : des photos jaunies, décolorées et, un billet de train pour Paris en date du 26 Janvier 1945, date de son arrestation voie 5.
ENGAGEMENT
Changer de billet au plus vite pour partir ailleurs en passant obligatoirement par la voie 3.
SI CE MOT DERAILLAIT…
… Il deviendrait une boule de gomme à la menthe fraiche, ambiance voie 6.
 ANNE T/P

 

PARANOMASE de gare
La gargouille de la gare de « Garcymore » est une vieille garce hagarde sans égard pour les gardons, les garçons sans garçonnière. Si tu la croises par mégarde, prends garde, gare à toi car, ni bagarre, ni garrot, ni cigarette, ni cigare, ni loup garou ne viennent à bout de cette garce au regard hagard. Gare à toi car, ni Edgar, ni Garry, ni Nougaro, ni Gargantua ne sont parvenus à la garer de force dans un garage, un garde-meuble, un garde-manger ringard ou un hangar bardé de garde-fous.
Gare à la gargouille ! Gare à Gouille ! Mange plutôt des bigarreaux et… Sugar, sugar, sugar baby love…
ANNE T/P

Mots de participants :
Ecrire à la gare…

"c'est cool"
"ça libère"
"ça nous dit que l'inconfort n'empêche pas d'écrire"
"j'ai adoré"
"ça nous oblige à porter nos voix"
"on se rend compte que le bruit ne gêne pas"
"ça casse les habitudes"

"finalement… partout c'est bien"

 

 

 

 

 

BANQUET DE MOTS

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Transat
Ma nuit n’avait pas été très reposante. J’avais du me lever plusieurs fois : pour clore les persiennes à 1H53 selon les cristaux liquides bleus du radioréveil, à 2h49 pour boire  d’un trait un verre d’eau tant j’avais la gorge desséchée du soleil de la journée, puis à 3h27 pour fermer la fenêtre car j’étais frigorifiée par le vent qui montait du large. Déjà, en me recouchant, je ressentais sur ma peau, des épaules jusqu’aux  hanches, le tissu de ma chemise de nuit s’épaissir. Mes bras et mes jambes se raidirent lentement. La très grande fatigue que j’éprouvais me fit d’un coup sombrer dans un sommeil de plomb.Quand je me réveillais enfin, je n’éprouvais pas du tout le besoin de savoir l’heure qu’il pouvait bien être. Je me sentais prête à une journée délassée, voir languide. Convaincue qu’une telle transformation ne pouvait qu’être due aux longues heures de sommeil réparateur durant lesquelles j’avais dormi à poings fermés, je m’étirais…« Mais il ne me semblait pas avoir revêtu cette chemise à larges bandes bleues et blanches ? Qu’est-ce que ? Qu’est-ce qui ? Pourquoi cette sensation d’avoir les pieds recouverts de sable ? Et ce bruit régulier ? Sch-sch…Sch-sch… On dirait … Non ! Ce n’est pas possible. Ah voilà maintenant que ma toile se soulève, gonfle, gonfle encore et retombe brusquement. Impossible de bouger les bras  pour la retenir. Bras et avant-bras de bois, réduite à l’état d’objet ! Je me fais l’effet d’un transat déposé par un plagiste dès sept heures du matin, bien aligné avec d’autres, face à une mer calme ; en attente d’accueillir le corps d’une femme qui aura besoin de soleil, de la caresse inopinée d’un vent capricieux, de vacances. »
Catherine Combémorel

CE MATIN LA
Ce matin là, quand je me suis réveillé, j’ai bien senti que j’étais raide comme un bambou et qu’un froid de glace avait pénétré mes os. J’ai essayé de bouger mais, même mon petit doigt, qui aurait pu me prévenir de quelque chose, restait inerte et ne me disait rien qui vaille. Quand la petite dernière est passée devant moi, elle m’a tiré la langue en me regardant fixement de son regard de garce. L’envie irrépressible de la gifler d’un aller retour sonore me saisit mais, il n’en fut rien car je ne pus davantage me mouvoir. L’insolente récidiva en ajoutant quelques grimaces simiesques. Je tentai alors d’hurler afin de la réprimander vertement. Mais, il n’en fut rien car aucun son ne sortit de ma bouche.Alors, elle se mit à chanter en  maquillant ses lèvres boudeuses d’un rouge outrancier. Puis, comme cela ne suffisait pas, elle me recouvrit d’un gros trait rouge carmin et gras mais je ne sentis rien.Tout à coup, je compris.Pendant la nuit, cette sorcière de gamine m’avait transformé en miroir.
ANNE T/P

 

MOTS DIVINS – MOTS DEVINS  

ver di vin 008

 

Concaténations à 5 mains

Verre deux-heures vingt je suis arrivée sur cette plage divine. Divine, elle était divine cette belle étendue. Cette belle étendue verdoyante s'étendait jusqu'à l'infini. L'infini qui s'étend devant la fille finie que je suis. Je suis une fille non pas finie, mais achevée et complète. Complète surtout en maillot de bain sur cette plage divine entre galets trop durs, cris perçants d'enfants et mâles bedonants !

Le ver dit vin ressemble plus à une limace dite mousseuse. Mousseuse est la soie sauvage de Chine. Aussi sauvage que le cerisier en fleurs du Japon. Japon ressemble à jupon mousseux de la jeune mariée divinement sauvage en soi. En soi japonisant pour une soie évanescente dans la baie d’Along, le ver dit vin pose un pied, retire sa robe et dévoile sa nudité ce soir-là au creux d’un cerisier en fleurs.

Ecrire avec les mots du vin, sans évoquer le vin

Il faisait ce matin là, un épais brouillard en moi, sorte d'accident à tirer au tire-bouchon de ma gueule de bois. Au lit, je me dis, au lit, encore endormie et sucrée de ma nuit je me dis: "ça pue cette urgence de Samu, ne te madérise pas, évite le 15, prie Dionysos et Bacchus, bouge tes fesses et lève-toi".
Pompette telle Pomponette, je cherche mon chat, bourrée de bonnes intentions je veux son regard sur moi, son poil épais dans mes bras. je descends à la cave, âpre de l'âpreté de mon café-bouillu-foutu, sur mon front l'étiquette de ma jeunesse collée : "peureuse", peureuse au front de chaque marche à dégringoler, peureuse jusqu'à l'espoir de retrouver minou, mon Minou pétillant, ses yeux de bulles champagnisées et fruitées, son poil aux couleurs de prunes tannées. Mettre mon nez et goûter le rond du ballon de son bidon, m'offrir une grappe de ce plaisir banal, cracher enfin ma nuit et brouillards, la cuisse légère, mettre ma robe à fleurs et rejoindre mon viticulteur … bonheur!
Là, j'ai pensé:" la vie, ça pue pas! la vie n'est pas bourrée d'accidents en urgences de Samu, la vie ne se meurt pas de cirrhoses, l'aigre n'est plus dans cette vie là… la vie se vit en rose, de robes arrosées de fleurs rosées, de vendanges jeunes et charnues, capiteuses dans mes palais…. la vie est millésimée et aromatique, la vie vaut bien au moins 120 € la pipe en bois en bouche sucrée .
Elisabeth

 

 

D'ESCARGOT À CARACOL


L'ESCARGOT 012

Samedi 18 mai au matin, l'Atelier Itinérant a posé ses feuilles à l'Escargot, bistrot-restau souriant à fleur de Loire. Après un "impromptu à l'escargot", quelques histoires entre comptoir et terrasse, l'atelier s'est terminé sur une note ibérique. Ainsi, les escargots se sont-ils transformés en Caracol, destination fort, fort lointaine… à découvrir

 Monsieur Toussaint L. –  5 rue sous les saints – 24524 Saint Symphorien Le Vieux – FRANCIA

Caracol les Bains, le 29 février
Je t’écris de Caracol pour te souhaiter un bon anniversaire qui comme tu le sais n’a lieu que tous les 4 ans. C’est pourquoi j’y insiste sors de ta coquille au moins 1 fois dans ta vie Mr Toussaint Louverture et ne fais pas mentir ton nom au bar des Saints, foi de Carapace.

Au bar des Saints – Hotel El Gran Azul Camara real n°3  – Caracole – España
Jeudi 1er mars 2452 – 9h02
Salut Carap’, Merci pour mon anniv’, j’ai bu quelques verres à ta santé hier soir Carapace Dorée et ce matin ma coquille est lourde. J’ai mal à mes antennes  et j’en bave grave. Curieusement, ta coquille me manque. Je m’étais habitué à te voir t’agiter derrière le comptoir du soir au matin. Reviens vite ! N’oublie pas de me ramener un objet insolite…Bize maltée. Ton Loulou

 

Le Der des Der – Mme C. – rue de la Soif – 37120 IVRESSE
Martes, 17 febrero, 11h24
Te escribo de Caracole. Bailas siempre detras mis ojos. Pienso en ti. Besito sobre tus labios. Zelia

 

Madame Zelia – Place des Faits Néants – Caracol les Flots
Ivresse, vendredi, 24 mars, 14h08

Madame,
Célestine, notre fille, à qui vous avez adressé votre dernier courrier, ne travaille plus dans l'établissement familial. A notre grand étonnement, elle a suivi une limace imbibée d'eau de pluie. Elles projettent de monter ensemble un nouvel établissement à Orléans, rue des Sobres. Vous saurez la retrouver, nous n'en doutons pas, si vous faites l'effort d'apprendre notre langue. Bien à vous.
Piquante et Salsa 

 

D’Esperanza à PEDRO MARTINEZ« LE BON COIN »LA GRANDE PLACE – TROUPLUVIEUX
Cher Pedro,
Je t’écris de Caracole où je passe un week-end merveilleux. La chaleur est au rendez-vous. Le bleu du ciel se confond avec le bleu de la mer. Les glaçons fondent tranquillement dans la sangria que je sirote en profitant du moment.J’espère venir ici avec toi avant que la banquise ne fonde. J’aimerais tant qu’un jour, avec toi, ça colle.
A bientôt, 
Esperanza

Réponse de PEDRO MARTINEZESPERANZA GLU3 ROUTE DE LA COLLE – COL DE CYGNE
Esperanza,
Cesse de rêver. Entre nous, ça ne collera jamais car la colle ne sera jamais assez forte pour nous réunir. Caracole donc et laisse-moi en paix une fois pour toutes.
Pedro

Karl Karaco, bar Koroc, 3 rue Baraka, 12 345 Kolraca
Mon cher Karl,
Je t'écris de Caracol où j'ai retrouvé Clara et Cloclo. Chaque jour, nous prenons un pot de Colraca chez Karlo et Klara avant de caracoler sur la montagne Caracol. Je t'embrasse caracolement.
Carla

Carla Pereira, 22 calle Madrid, 45400 Los reyes, Espagne
Ma chère Carla,
Merci pour ta carte de Caracol, ça m'a fait bien plaisir de savoir que tu prenais des pots chez mes amis Karlo et Karla. De savoir que tu allais caracoler avec Karla sur la montagne me fait rêver car en ce moment j'en ai bien besoin. Je t'embrasse aussi caracolement.
Karl

 

 

 

 

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